Saint Jean de Luz : le port et la Maison de l'Infante


Saint Jean de Luz devint premier port sardinier de France en 1947. 8 000 tonnes de thon furent débarquées en 1954. Hélas, cette activité déclina et le port perdit de son importance. Les pêcheurs partirent alors pêcher à Dakar (Sénégal)jusqu'à la fin des années 60, puis revinrent sur le littoral pêcher notamment l'anchois et plus récemment le merlu. La filière pêche assure plus de 600 emplois ici. Un point stratégique et dynamique pour la ville, entre histoire et modernité économique. Environ 10 000 tonnes de poissons d'une centaine d'espèces différentes sont débarquées et commercialisées à la criée de Saint-Jean-de-Luz/Ciboure tous les ans ce qui place cette criée au 6ème rang en valeur sur 36 en France. La Maison de l'Infante ou Maison Joanoenia construite pour l'armateur et négociant Joannot de Haraneder. Pour ce mariage royal luzien, la ville mit ses plus belles demeures à la disposition des hôtes royaux, en particulier la maison de l'Infante, ainsi nommée par la suite, parce que l’Infante d’Espagne, future épouse de Louis XIV, y avait séjourné la veille de son mariage avec le Roi. La reine mère, Anne d’Autriche, y avait déjà précédé l’Infante – qui était sa nièce - pour le mariage de son fils, avant que le jeune souverain ne la rejoigne (le titre d’infant ou d’infante était donné aux fils ou filles du Roi d’Espagne). Une maison très intéressante du point de vue architectural : ses doubles arcs de galeries à la vénitienne, ses colonnades, son porche, ses pierres ocre et ses briques rouges… avaient conduit à son classement comme monument historique. Les salons du premier étage ont gardé leurs poutres richement décorées de beaux motifs mystérieux, seulement découverts en 1996. De la tour de vigie et de la galerie aux ouvertures en arcades, l’armateur pouvait surveiller le mouvement de ses navires de commerce et de chasse à la baleine. La Maison aurait été offerte par la ville à Joanot de Haraneder, un riche armateur, en remerciement de sa générosité envers la ville. D’ailleurs, le nom initial de la maison est Joanoenia, c'est-à-dire la maison de Joanot de Haraneder, d'une famille d'armateurs enrichis aux XVIIe et XVIIIe siècles, anoblie et alliée à la vieille noblesse de Macaye. Or, le propriétaire de "Joanoenia" de venue "Maison de l’Infante" était un des plus brillants armateurs de cette époque : Jean Peritz de Haraneder, posséda ou contrôla jusqu'à dix-huit navires baleiniers. Pendant la seconde guerre de Hollande qui arrêta les expéditions de pêche, ses frégates armées pour la course ramenèrent de si opulentes dépouilles qu'il devint bientôt millionnaire en livres, comblé d'honneurs et anobli par Louis XIV. Né vers 1574, il avait participé en 1627 au siège de la Rochelle. Pour cette raison, en 1640, le roi l'anoblit et lui octroya des armoiries qu’il fit graver sur une plaque de marbre de la cheminée de la salle principale. Selon certaines sources, cette belle demeure aurait constitué un présent des autorités de la ville pour le remercier d'avoir fait construire de ses deniers, en 1623, un hospice pour les pauvres. Toujours est-il qu’elle avait été construite vers 1640, en "briques roses et chaînage de pierres dorées", dans un style qui rappelle la place des Vosges ancienne place royale construite à Paris une trentaine d’années plus tôt, à la fin du règne d’Henri IV. Un style qui se rapproche également de celui du pavillon de chasse bâti par Louis XIII et qui constituera plus tard le noyau original du château de Versailles ! Très vite les Luziens avaient pris l’habitude de désigner cette maison sous le nom de "Maison de l’Infante" et parfois de "Château de l’Infante" comme l’indique l’inscription commémorative gravée, au moment de travaux de restauration, en 1855 : "L’INFANTE JE RECUS L’AN MIL SIX CENT SOIXANTE / ON".

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