Les remparts de Bayonne 2/ le petit Bayonne


Au début du 12e siècle, Bayonne connut, grâce à ses franchises communales, un essor économique et démographique qui nécessita l'urbanisation des basses terres de la rive gauche de la Nive et de l'Adour. Après la guerre de Cent ans, les Français ayant repris la ville en 1451 décidèrent d'améliorer le système défensif de la cité en construisant le château neuf, adossé à l'enceinte anglaise du début du 14e siècle. Le château permettait de faire face aux menaces espagnoles ou anglaises et de prévenir toute velléité de révolte des Bayonnais, comme celle des Bordelais en 1453. En 1462, s'élevaient les deux tours rondes faisant face au bourg neuf. Au 16e siècle, la rivalité entre la France et la maison d'Autriche ainsi que par les guerres de Religion, les fortifications furent transformées pour répondre au progrès de l'artillerie. Le rempart de François Ier fut élevé en avant de la muraille gallo-romaine. En 1520, le château neuf fut renforcé. Au cours de la guerre de Hollande (1672-1678), Colbert entreprit de faire consolider les fortifications. En 1680, Vauban fut envoyé à Bayonne. Il augmenta la capacité de casernement du château neuf et en fit murer les fenêtres basses. Un fossé fut aménagé alentour. Le château neuf conserva cette fonction de casernement jusqu'à sa désaffection par l'Armée dans les années 1980. Le château est un ensemble défensif quadrangulaire comportant, au sud-ouest, une tour ronde datant des années 1460, avec ses deux courtines attenantes. Au sud-est se trouve la tour carrée, dite également "tour Mocoron" ayant appartenu à l'enceinte urbaine anglaise. Au nord-est, à l'extrémité de la courtine crénelée au 17e siècle et surhaussée par la suite, s'élève le portail de Mocoron. Cette ancienne porte de ville du 14e siècle comprend deux tours polygonales encadrant une porte surmontée d'un arc brisé. Cette porte fut englobée dans le château neuf dès la seconde moitié du 15e sècle. Au nord subsiste la courtine anglaise. La tour en quart de cercle servit de cachot. Au sud de la tour carrée nord-ouest s'élève une tour oblongue bâtie vers 1462. Une tourelle d'escalier lui est accolée au nord. Une courtine du 15e siècle joint la tour oblongue à la tour ronde du sud-est. Adossés à ces vestiges médiévaux s'élèvent des bâtiments de casernement datant du 19e siècle.

Pendant longtemps, le petit Bayonne fut sommairement protégé par de simples retranchements en terre garnis de palissades et ponctués de quelques ouvrages maçonnés. Vers le début du 16e siècle, le rôle militaire de Bayonne changea et les transformations de l'enceinte furent nombreuses jusqu'à Vauban. Le petit Bayonne est défendu au sud-est par une ligne de fortifications établies au 17e siècle. En bordure de l'Adour se trouve l'ensemble fortifié de la porte Mousserolles. A l'angle est du triangle formé par la Nive et l'Adour et les fortifications le fermant, a été construite une tour bastionnée protégée par un bastion détaché ou contre-garde en V. Un fossé sépare le bastion de la contre-garde, un fossé sépare cette contre-garde du chemin couvert extérieur. Les deux fossés communiquent avec l'Adour par deux batardeaux permettant le remplissage rapide du fossé principal. A l'intérieur du bastion sont ménagées des casemates permettant la surveillance à la fois du chemin et de l'Adour. La contre-garde est munie d'une galerie de tir couverte et percée de meurtrières. Faisant suite à cette galerie, quatre grandes niches en plein cintre abritaient des canons. Outre ce système défensif, deux corps de garde précédant chacune des deux entrées ont été bâtis ultérieurement.
Bayonne et son port sont longtemps restés sous la protection de la tour Saint Esprit, construite au XIIème siècle. L'apparition de l'artillerie provoque son remaniement et l'aménagement au XVIème siècle d'une terrasse où sont installés plusieurs casemates. Le Réduit est profondément réaménagé par Vauban qui le bastionne et y installe la caserne de Barbanègres.
Bayonne le Réduit au début du XXe siècle
En venant du quartier Saint Esprit l'accès a la ville est commander par la monumentale porte de France.

A l'aube du XXème siècle, Bayonne compte près de 28 000 habitants, les militaires représentants 6 % de la population. A l'intérieur des remparts qui s'étendent sur 42 hectares, on comptabilise 20 000 habitants. Ce véritable étranglement, comme on peut le voir à l'intérieur du Réduit, explique les demandes régulières de la ville de déclassement des murailles.
Cela est accordé finalement par le ministère de la guerre en 1897 et confirmé par la présidence de la république que 10 ans plus tard. 
Bayonne est supprimée de la liste des places militaires, à l'exception de la citadelle.

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