Le village de La Bastide Clairence - Bastida

La Bastide Clairence, son nom basque est Bastida et son nom occitan gascon actuel est La Bastida Clarença.
« Bastida de Clarenza » bastide navarraise, fondée en 1312 par Louis 1er roi de Navarre et futur roi de France sous le nom de Louis X le Hutin, pour s’offrir un débouché sur la mer via la Joyeuse et l'Adour.
Le village de La Bastide Clairence
Les premiers "colons" étaient composés d'environ 30% de basques et de 70% de gascons, ce qui fait de La Bastide Clairence un territoire Xarnégu.
Les habitants sont Bastidot, bastidòt en gascon et Bastidar en basque).
Le village de La Bastide Clairence

Le village de La Bastide Clairence

" Losangé d'or et de gueules, à la fasce d'or "
Ces armes communales furent attribuées d'office lors de l'édit de 1696. Comme son nom l'indique, ce village est une bastide de création royale, qui a su conserver un charme incomparable.
Elle fut fondée par Louis le Hutin, alors roi de Navarre, en 1312, sur des terres qui dépendaient de Ayherre. Labastide surplombait un port, permettant d'accéder au commerce fluvial avec Bayonne, utilisant le point extrême de navigabilité de la Joyeuse (ou Aran) qui rejoint l'Adour à Urt.
Cette bastide à l'instar des autres devait être fortifiée ; elle faisait suite à celle édifiée par le roi d'Angleterre à Hastingues en 1289 et celles bâties par le vicomte de Béarn à Sordes et Labastide Villefranche vers 1290.
Avant la construction de la bastide proprement dite, en 1283 le châtelain de Saint Jean Pied de Port décide de l'implantation d'une maison royale au " mons darberoa ", lieu jusqu'où l'Aran était navigable. Le port fut créé en 1284, certainement près de la piscine actuelle, en même temps que la maison forte, qui devait aussi servir d'entrepôt. Ces équipements précédèrent donc la création au même endroit, de la bastide proprement dite.
Le roi de Navarre dota la nouvelle bastide, peuplée de Bigourdans, du for de Rabastens. Les nouveaux arrivants, profitant des bons rapports entre le roi de Navarre et Bayonne, bénéficieront de nombreuses franchises sur les marchandises. Deux foires annuelles seront autorisées : l'une à la saint Michel et l'autre à la saint Martin en novembre. L'activité portuaire, facilite le développement de l'artisanat. Une charte d'affranchissement (ou anoblissement) est octroyée aux habitants par Charles II de Navarre en 1375.
En 1350, lors de l'enquête de monnayage, 160 feux (près de 1000 habitants) sont recensés. L'épidémie de peste noire, la fin de la guerre de Cent Ans auront pour conséquence un dépeuplement tragique de la cité. Il faut attendre la fin des guerres de religion, pour que Henri IV signe une nouvelle charte pour relancer l'économie en 1579. Au XVII° et XVIII° siècles, les artisans se regroupent en confréries : saint Eloi pour les cloutiers de Pessarou, saint Barbe pour les bonnetiers.
Au XVI° siècle, une importante colonie juive (80 familles), chassée par l'Inquisition espagnole et portugaise, s'installe à Labastide Clairence ; ces nouveaux résidents joueront un rôle économique de première importance, tant dans les métiers que dans la finance. Cette population disparut à la Révolution.
Le Corps de ville comprenait six jurats. Comme toutes les villes royales, la paroisse avait son bailli propre, chargé de l'administration et de la justice ; il était secondé par un lieutenant. Les Belzunce, puis les Gramont se succèdent dans cette fonction de bailli.
Les maisons connues de Labastide Clairence sont : Arrieux, Colombots, Lombart et Eyharce.
Le losangé arboré dans ces armes communales, figure dans un très grand nombre d' armes attribuées d'office par les commis de Me. Vannier, chargé d'appliquer l'édit royal de 1696 en Basse Navarre.
En 1524, la ville royale de Labastide Clairence, lors d'une prestation d'hommage des jurats à Henri II de Navarre, utilise un sceau équestre avec un cavalier coiffé d'une salade, portant une épée haute. Avec ses origines navarro-bigourdanes, le village se revendique depuis toujours des deux cultures basque et gasconne.

Sources : Jean-Baptiste Orpustan - Guy Ascarat.

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