Soule : la mascarade et le cheval jupon

Dans de nombreuses mascarades rurales, de la Grèce au Portugal en passant par la Roumanie et la province belge de Wallonie, se trouvent des acteurs « déguisés » en Bohémiens ou en Gitans, deux noms parmi d'autres attribués aux membres du peuple tsigane.
De même dans le cortège des mascarades de la Soule en Pays Basque ou apparaissent des Bohémiens et des chaudronniers, désordonnés, bruyants, bagarreurs...
Tous ces territoires « à mascarades » ont en commun d’avoir été traversés par des groupes nomades de Tsiganes puis, plus tard, d'avoir été éventuellement choisis par ces derniers ou par leurs descendants pour s’y sédentariser.
Nicole Lougarot pense que le cheval-jupon a une origine tsigane. Les textes antiques ne mentionnent pas son existence, mais certains chercheurs l’apparentent quand même au Centaure pourtant différent, mi-homme mi-animal mythique au corps de cheval et aux buste et tête d’homme.
Arnold Van Gennep, ethnographe et folkloriste né en 1873, avance l’hypothèse que le cheval-jupon trouve son origine dans la parodie populaire d'un jeu de tournoi ou de joutes réservé aux nobles chevaliers. Il serait «une invention nettement européenne occidentale » ,qui s'est faite « vers la fin du Moyen-Age et aux débuts de la Renaissance, pas antérieurement ni ailleurs ».

D'autres chercheurs émettent l’idée que le personnage-animal représenterait le démon, l'esprit de la végétation ou de l'hiver qui cède sa place au printemps.

En Provence, on attribue son invention au roi René qui, au milieu du XVe siècle, institua la grande procession costumée de la Fête-Dieu.

À Montpellier, on peut encore entendre que le « Chibalet » trouve son origine dans une légende liée à Pierre d'Aragon. Mais cette hypothèse aurait été rejetée dès 1842.

En Catalogne, la danse d’épées des « Cavallets » évoquerait la lutte entre Turcs – ou Maures – et Chrétiens.

À Sant-Feliu-de-Pallerols, une légende raconte que les habitants auraient repoussé des ennemis prêts à envahir leur ville en simulant des troupes grossies grâce à des chevaux jupons.
Depuis lors, chaque année, l’événement est célébré pour commémorer la fameuse victoire.

Claude Achard, chercheur languedocien, lui attribue une origine catalane.
Le chercheur rejoint ici l'hypothèse de Jean-Claude Schmitt, historien français.
Le cheval-jupon serait apparu vers 1250 dans le diocèse d'Elne près de Perpignan.
Il se serait ensuite répandu à Valence (1269), à Barcelone (1424), à Naples (1443), à Romans (1479).

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