Le village de Bonloc - Lekuine


Bonloc, Lekuine en basque, est au carrefour du Labourd et de la Basse Navarre.
Bonloc signifie "bon lieu" en gascon, c’est à dire "lieu agréable" ou "lieu propice".
Lekuine en serait la traduction littérale.
Le village de Bonloc en 1910
Le toponyme Bonloc apparaît sous les formes Ecclesia de Bono Loco (1186, cartulaire de Bayonne), Bono Loco (1194), Bonum Locum (1304), Lo ospital de Bon-Loc, Le Bonlieu et Nostre Dame de Bonloc (respectivement 1372, 1498 et 1518, chapitre de Bayonne), Bouloc (1801, Bulletin des lois) et Lekhuine au XIXe siècle.

Bonloc a une histoire riche et particulière :
Le village est resté dépendant du monastère de Roncevaux du XIIe siècle au début du XVIIIe. Les habitants de Bonloc avaient un statut de colo, ni esclave, ni homme libre, et devaient s'acquitter de différentes taxes fixées par Roncevaux. Du début du XVIIIe jusqu'à la révolution, le village devient la possession de l'évêché de Bayonne.
La révolution française va procéder à l'abolition des privilèges et au démantèlement de la richesse du clergé.
Les habitants de Bonloc, vont enfin retrouver un statut de citoyen à part entière.

Le traité d'alliance scellé à Bonloc le 30 novembre 1273 entre Henri Ier, roi de Navarre, et Édouard Ier, roi d'Angleterre, par lequel l'infante Jeanne, héritière du royaume de Navarre (née le 14 janvier 1273) est fiancée à Henri, prince héritier du royaume d'Angleterre (né en 1268). Les morts prématurées du roi Henri Ier le 22 juillet 1274 et du prince Henri le 14 octobre 1274 rendront ce traité sans effet. L'alliance anglo-navarraise sera cependant confirmée par le mariage en 1276 de Blanche d'Artois, veuve d'Henri Ier et mère de Jeanne, avec Edmond, comte de Lancastre, frère du roi Édouard Ier.

Les habitants du village sont Lekuindar.

" Parti, au 1 d'or à la crosse croisée de Roncevaux de sinople ; au 2 d'azur au bourdon de pèlerin d'or accompagné de trois coquilles du même posées 1 en chef et 2 sur les flancs "


Ces armes ont été adoptées en 1993.
Bonloc abritait une commanderie qui appartenait aux chanoines de Roncevaux (Notre Dame de Bon Loc (ou Bon Lieu) ; cette commanderie, ainsi que la terre de Bonloc sont citées pour la première fois en 1287 dans les registres de Roncevaux. La commanderie était dirigée par un commandeur nommé par l'abbaye-mère de Roncevaux ; c'est elle qui bénéficiait de tous les profits. La commanderie abritait un hôpital qui accueillait les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle.
La commanderie possédait toute la terre de Bonloc. C'est le commandeur qui distribuait la terre aux habitants selon son bon vouloir. A Bonloc, les habitants au nombre de 30 à 36, ne possédaient pas de biens propres ; chaque maison disposait d'environ de quatre arpents (environ 1,2 ha) de terre cultivée pour ses besoins propres et ceux du commandeur. Les gens de Bonloc étaient assujettis à quantité de travaux et corvées, ils étaient mobilisables sur simple appel du commandeur.

En 1475, en 1500, les d'Ibusty sont commandeurs fermiers à Bonloc. En 1540, Pierre Dibusty, obtient le fermage de la commanderie pour trois ans, il était prêtre du diocèse de Bayonne. A partir de 1603, ce seront les Garro qui obtiendront cette charge ; en 1617, ils possédaient en fermage 20 maisons.
Lors de l'échange des biens entre l'évêché de Bayonne et l'abbaye de Roncevaux en 1712, la condition des habitants ne s'améliora guère. Malgré de nombreuses tentatives d'affranchissement, en 1743, les habitants de Bonloc étaient toujours métayers de l'évêché et encore astreints à des journées de travail. En 1789, Bonloc n'était toujours pas représentée au Biltzar du Labourd. C'est dire que la Révolution fut sans doute accueillie avec enthousiasme dans la paroisse.
Dans les armes communales, les coquilles et le bourdon de pèlerin sont des emblèmes jacquaires. Les armes de Roncevaux, figurent avec la crosse croisée de sinople sur champ d'or. A noter que la crosse se termine en pointe d'épée pour souligner le caractère autoritaire des Augustins de Roncevaux.

Commentaires