Le château d'Abbadia à Hendaye

Antoine d’Abbadie né à Dublin le 3 janvier 1810 - Paris 1897, de père basque et de mère irlandaise (La famille d’Abbadie est installée à Arrast dans la province de Soule depuis le XIVe siècle.). La famille d’Abbadie installée à Toulouse entre 1820-1827 vient régulièrement sur la côte basque. Puis elle s’installe à Paris jusqu’en 1837. Antoine rejoint alors avec son frère Arnauld une expédition d’une douzaine d’années en Abyssinie (Éthiopie) ; le futur château sera imprégné par cette région. Fait courant à l’époque, les deux frères d’Abbadie souhaitaient ouvrir la voie aux missionnaires catholiques, sans succès mais sans doute ce réseau leur a-t-il été utile. Ils quittent l’Afrique orientale fin 1848 et restent en relation avec des seigneurs éthiopiens.
Après un premier court séjour aux confins du Béarn, Antoine d’Abbadie s’installe à Urrugne en 1849 et continue de voyager pour ses recherches en Norvège, Espagne, Algérie, etc. En 1852, il est élu à l’Académie des Sciences de Paris comme membre correspondant dans la section de Géographie et de Navigation. Le train arrive à Bayonne en 1855 et à Hendaye en 1864 et facilite les relations entre la côte basque et Paris. En dépit de tous ses déplacements à l’Académie des Sciences et à l’étranger, Antoine d’Abbadie très attaché à la culture basque comme l'illustrent les inscriptions et les archives du château, poursuit ses travaux sur la langue basque. Il crée également à Urrugne des fêtes basques et lance des concours (poésie, pelote, irrintzina, bétail…) à partir de 1851. À sa mort, il sera surnommé Euskaldunen Aita en raison son investissement pour la culture basque.
Antoine d'Abbadie en 1880


Virginie d'Abbadie devant le porche d'Abbadia, années 1890 - Crédit : Abbadia-Académie des sciences
En 1859, Antoine d’Abbadie épouse Virginie de Saint-Bonnet (1828-1901), originaire du Dauphiné et, de 1864 à 1870, il fait construire le château sur la corniche basque. 
Le Château d'Abbadia à Hendaye
Dominant l'océan, le château est construit selon les plans d'Eugène Viollet-le-Duc (Paris 27 janvier 1814 - Lausanne 17 septembre 1879) et d'Edmond Duthoit (1837 - 1889) dans un style néogothique entre 1864 et 1879. 


En 1857, Eugène Viollet-le-Duc restaure le château de Pierrefonds (Oise) et poursuit une campagne de restauration de forteresses médiévales dans les années 1860 tout en s’intéressant à l'Égypte ancienne. Le 13 mai 1864, Antoine d'Abbadie sollicite E. Viollet-le-Duc mais celui-ci dispose de peu de temps à consacrer au projet néogothique et le confie à son disciple Edmond Duthoit qui s'enthousiasme pour l’architecture arabe (il est alors directeur en chef des Monuments historiques en Algérie). 

Les rôles respectifs des maîtres d’œuvre, E. Viollet-le-Duc et E. Duthoit, ont longtemps été discutés tant leurs réalisations peuvent se confondre. Leur collaboration a été exemplaire. En effet, la contribution d'E. Viollet-le-Duc au projet architectural d’Abbadia a été notamment très discutée à l'occasion de l’exposition Viollet-le-Duc au Grand Palais (1979). L'édifice ne figure pas au catalogue de l'exposition, référence reconnue pour l'étude du restaurateur de Carcassonne, Vézelay et Notre-Dame de Paris. Abbadia a ainsi longtemps été considéré comme une œuvre essentiellement réalisée par E. Duthoit.

En 1858, un premier observatoire astronomique circulaire est construit ; il sera détruit par la suite et remplacé par l’actuel bâtiment parallélépipédique. En 1865, les deux ailes occidentales et orientales sont couvertes.
Le Château d'Abbadia à Hendaye

Le Château d'Abbadia à Hendaye
Le recrutement des ouvriers repose sur la population basque, plus que pour de traditionnelles raisons logistiques, par solidarité culturelle ; Antoine d'Abbadie avait conscience du moteur économique que représentait son projet. Le chanoine Inchauspé et le père biscayen Arana sont impliqués dans le recrutement de la main d’œuvre.
Les gargouilles, crocodiles, serpent qui décorent le porche d’entrée du château sont taillés dans du calcaire de Béhobie. Moellons roses, blancs et noirs constituent les façades. La carrière d'Iharxekoborda, proche du château, a fourni les matériaux un calcaire blanc ou un peu rougeâtre, le « calcaire de Lasseube » pour les moellons des murs comme la carrière de Lohia, au pied de la falaise, et qui était la propriété d'Antoine d'Abbadie. Les moellons noirs proviennent vraisemblablement de la carrière de Laffitenborda à Urrugne et les moellons roses de la cité de Hondarribia. Ils constituent une autre nuance du calcaire de Lasseube acheminé par bateau à travers la Bidassoa et débarquée à Ondarralzu. La majorité des encadrements, portes et fenêtres, vient de la carrière de Sorgin Silo, entre la baie de Lohia et la maison Haïçabia. Enfin, la pierre blanche est un calcaire albien d’Ascain, acheminé sur la Nivelle jusqu’à Saint-Jean-de-Luz puis par charrette à bœufs jusqu’à Abbadia. 
Le Château d'Abbadia à Hendaye
À l'époque de l'acquisition du domaine par Antoine d'Abbadie, un parc avec de nombreuses espèces exotiques a été aménagé autour du château. À la fin de la vie d'A. d'Abbadie, la propriété comptait 415 hectares. 
Le Château d'Abbadia à Hendaye
A voir également sur le blog : Le Château d'Elhorriaga à Ciboure

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