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Le village L'Hôpital-Saint-Blaise

En Soule près de Mauléon-Licharre le village de l'Hôpital-Saint-Blaise (en basque Ospitalepea) doit son existence à un établissement d'accueil pour les voyageurs (un hôpital) aujourd'hui disparu. La petite route qui le traverse aujourd'hui était au XIIe siècle une voie de passage entre le sud de la France et la péninsule ibérique pour des chevaliers, des marchands, des religieux, des migrants.

C'était l'époque de la Reconquista : les rois chrétiens de la péninsule ibérique faisaient appel aux hommes du nord pour les aider à conquérir, à peupler, à gouverner les terres autrefois musulmanes. Tout un réseau d'hôpitaux est alors créé au nord des Pyrénées pour faciliter le voyage de ces migrants. Le roi d'Aragon, le vicomte de Béarn y prennent une part essentielle. Ils confient la gestion de ce réseau à l'Hôpital Sainte-Christine du Somport qui devient un puissant ordre religieux avec des possessions tant au Béarn, en Navarre qu'en Aragon. L'Hôpital de Miséricorde (c'est le nom le plus ancien de l'Hôpital saint Blaise) est créé au milieu du XIIe siècle par les moines de Sainte-Christine.

Les voyageurs de ce temps sont en même temps des pèlerins car ils visitent les sanctuaires qui se trouvent sur leur route. C'est la raison pour laquelle, l'Hôpital-Saint-Blaise comme la plupart des autres hôpitaux, est doté d'une église. C'est le seul vestige de cette époque conservé aujourd'hui.
L'Hôpital de Miséricorde est une communauté constituée de quelques religieux et de laïcs appelés "donats" car ils se sont "donnés" à l'hôpital et travaillent à son entretien. C'est également une commanderie avec un patrimoine qui permet à la communauté de vivre et d'assurer sa vocation d'accueil : bâtiments, terres, droits de pâturage, dîmes.
À partir du XIIIe siècle les itinéraires transpyrénéens se déplacent, et rares sont désormais les voyageurs qui s'arrêtent dans ce modeste hôpital. Parmi eux, on compte probablement quelques pèlerins de Compostelle, mais c'est plutôt à partir du XVIe siècle. Un seul a laissé une trace de son passage. Au cours des siècles suivants l'église ne bénéficie que de réparations d'urgence pour l'exercice du culte et elle n'est que peu transformée. La commanderie subsiste jusqu'à la Révolution, et le village qui se développe autour de l'église ne grandit guère.
Le culte de saint Blaise, évêque de Sébaste en Arménie, martyrisé le 3 février 316, est attesté dans cette église depuis le XVIe siècle.

Chaque année au début du mois de février, un pèlerinage réunit la population locale. Autrefois les éleveurs invoquaient sa protection pour guérir les maladies du bétail. Il était réputé guérir aussi les maux de gorge. Saint Blaise est un des saints protecteurs les plus vénérés en Europe. Beaucoup d'églises lui sont consacrées. De nombreux corps de métiers en fait leur saint patron : les bergers, les cardeurs de laine, les tailleurs de pierre, les vignerons, etc.
En 1998, l'Hôpital-Saint-Blaise est inscrit au patrimoine mondial de l'Humanité comme témoignage des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Ce classement est une consécration pour la commune, une reconnaissance de ses efforts pour restaurer, mettre en valeur le monument et le site du village. Mais ce n'est que depuis quelques années que les pèlerins de Compostelle passent par le village.

Les habitants de L'Hôpital-Saint-Blaise sont appelés les Ospitaldars.
L'Hôpital-Saint-Blaise de nos jours

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