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Les kaskarots de St Jean de Luz - Ciboure

Les villes de Saint Jean de Luz et de Ciboure ont vu subsister, jusqu'au XXe siècle, une population particulière dénommée Kaskarot (kaskar : de peu de valeur).
Leur origine est ma connue : on les dit descendants des cagots ou de Bohémiens.


Le port de St Jean de Luz - Ciboure au XVIIIe siècle

Dès le Moyen-Age, les cagots sont exclus de la société car soupçonnés de transmettre la lèpre.
Repoussés à l'extérieur des villages, tenus de se marier entre eux.

En 1320, le roi Philippe Le Long les accuse d'empoisonner les puits et ordonne leur massacre.
La plupart se réfugient en Pays basque, protégés par le Parlement de Navarre qui échappe à l'autorité royale.
Le bois étant la seule matière réputée ne pas transmettre la lèpre, ils deviennent bûcherons, charpentiers de bateaux, tonneliers. Les femmes sont cartomanciennes ou guérisseuses et souvent de réputation légère. Elles seront les victimes toutes désignées des procès de sorcellerie du XVIIe siècle.

Au fil des années, ils se mêlent à la population, participant à la vie économique, centrée sur l'activité maritime.

Une communauté s'installe au quartier de la Barre, face à la rue de la République, dans les maisons ruinées par les inondations.
A la guerre ou à la pêche, les hommes sont absents plusieurs mois par an.
Les femmes occupent les emplois les plus durs, notamment dans la préparation et la vente des petits poissons.
Jusqu'en 1778, la pêche est débarquée directement sur la plage car les marchands de morue interdisent l'accès du port aux sardiniers.
Ce sont les kaskarots qui négocient le poisson directement aux bateau et courent le vendre, panier sur la tête, au marché de Bayonne.





La nuit, elles sont filetières, remaillant les filets des pêcheurs.

Quelques années plus tard, l'abondance des pêches fait naître toute une industrie. Les kaskarots fournissent alors une partie de la main d'oeuvre des "presseries" où l'on apprête et sale la sardine.



1 commentaire:

  1. Un livre est sorti en 2016: Etude sur les Cascarots de Ciboure, avec de fortes références des deux côtés de la frontière. Il donne une origine en 1609 suite à l'implantation de 4000 morisques à Saint-Jean-de-Luz

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