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René Elissabide créateur de la Pataugas

René Elissabide est né à Mauléon-Licharre le 8 mars 1899. Dans les années 1930, René Elissabide, est représentant en farine pour la minoterie de sa tante. Il se lance dans l’espadrille en créant la sandale Regum : « RE » pour ses initiales et «gum» à cause de la semelle de caoutchouc. Il s’agit d’une sandale en toile sur semelle caoutchouc. L'idée lui en serait venue en voyant des enfants espagnols jouer avec des «abarcas» : des vieux bouts de pneu fixés aux pieds par des lacets. Adaptée et améliorée avec l'aide d'un technicien du caoutchouc dénommé Giraudier, la chaussure Regum connait le succès.
René Elissabide travaille dans de nombreux domaines. Il dépose une soixantaine de brevets, produit des chaussettes en laine des Pyrénées, des produits insecticides ou vétérinaires, des espadrilles. Il crée un apéritif (le « Retap »), et durant la guerre un savon (le « Devo ») à base de résine des Landes, de sciure et de soude caustique. Des wagons de savon quittent Mauléon.



Après la guerre et le retour du savon de Marseille, René Elissabide crée dans l’usine Bomba-Norby le fameux Pataugas.
En 1948, de retour d'un voyage d'études aux Etats-Unis, René Elissabide imagine un brodequin de toile, léger mais très résistant, apte à une utilisation intensive. 
Un intermédiaire entre la sandale de jute et la chaussure de montagne. Il invente ainsi, à partir du traditionnel brodequin, une chaussure en toile souple, à tige montante et à épaisse semelle crantée.





Il y a deux hypothèses sur l'origine du nom de Pataugas. Le nom viendrait d'un employé de la fabrique qui jugeait que «ces chaussures sont très bonnes pour patauger (dans les flaques)». Ou bien de «pâte à gaz», car sur les premières chaussures, le caoutchouc était collé au soulier en le passant sur un réchaud à gaz.
Ces chaussures furent utilisées par les randonneurs, les marcheurs, les chasseurs et les pêcheurs, mais aussi les soldats en Indochine et en Algérie.




De 10 ouvriers en 1949, l'affaire en emploie plus de 400, pour la seule fabrication, dès le milieu des années 1950. Chaque jour, 4 000 paires sortent des ateliers, deux ou trois wagons sont expédiés depuis la gare de Mauléon. Rien ne paraît pouvoir perturber la production. Ainsi, le 7 septembre 1950, un incendie ravage l'usine. Quinze jours plus tard, l'activité reprend. En 1952, pendant près de deux mois, une grève générale paralyse l'ensemble des entreprises du pays, sauf Pataugas, où les salaires sont substantiels. Coûte que coûte, il faut satisfaire les commandes.
René Elissabide organise un grand prix du Pataugas cycliste, un tour de ville des garçons de café, chaussés comme il se doit. Du «Chasseur français» à «France-Soir», il multiplie les réclames.
Elissabide utilise de solides marcheurs qui travaillent dans sa fabrique - les « trois Etche » (Etcheverry, Etchegoyen, Etchebarne) pour accomplir de longs raids à travers la France et l'Europe.




Les gaillards sont chaussés de mocassins Iowa - une autre de ses inventions - mais les caravanes publicitaires qui les suivent jusqu'à Strasbourg, Londres, Lille, San Remo, Gibraltar... vantent, à chaque étape, les inusables Pataugas.
René Elissabide est aussi conseiller général du canton de 1945 à 1964, député suppléant du Dr Camino en 1958, propriétaire d'un journal en 1956 (« Le Miroir de la Soule »), défenseur du folklore, il relança aussi l'association musicale de la Lyre Mauléonaise.




Sans Elissabide, très mondain, toujours entouré de jolies femmes, jamais Charlie Chaplin, Luis Mariano, Gabrielle Dorziat et Fernandel n'auraient connu Mauléon. L'ancien chef de fabrication, Joseph Erreguible, 82 ans, n'oubliera jamais ce jour où il fit visiter les ateliers à Ginger Rogers! Enfin, la consécration vint du général de Gaulle. Saluant l'inventeur lors d'une foire à Pau, il proclama : «Votre marque Pataugas est connue partout.» Fortune faite, René Elissabide, mécène intelligent, contribua à l’ouverture de la route internationale du port de Larrau en offrant le premier bulldozer.



L'apothéose, et déjà, le début du déclin. Les années 1960 amènent la fin des guerres coloniales, une concurrence de plus en plus vive, et de nouvelles modes. Les difficultés s'accumulent. Son dernier lancement industriel sera la fabrique de plastique Tréfilex, en 1963. Miné par la maladie il décède, le 25 février 1967, à l'âge de 68 ans. Deux ans auparavant, jour pour jour, sa société était fermée.

Source : Association Ikerzaleak

1 commentaire:

  1. très intéréssanr sur l'histoire d'un monsieur dont j'avais entendu parler comme d'un personnage mythique Mais qui sait encore que les pataugas furent inventées et produites à Mauléon -Soule ?

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