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Les bateliers d'Hendaye

Au Moyen-Âge, dès le Xème siècle, le pèlerin, empruntant la route de l’intérieur pour se rendre à Saint-Jacques de Compostelle pouvait passer par le Pas de Béhobie (et continuer sur Oyarzun, Tolosa, Vitoria, Burgos…) ou par le passage de l’hôpital Saint-Jacques (pour cheminer par Fontarabie, Saint-Sébastien, Bilbao, Santander…). La traversée s’effectuait à l’aide de bacs. Il y en avait un à Béhobie, un autre à Irun, dont le port se situait au chevet de l’église Nuestra Señora del Juncal. On embarquait, également, à Fontarabie, à Behobia et à Enderlaza.

De nombreux Hendayais ont été, à court ou à long terme, amenés à effectuer les passages entre les deux cités frontalières. Dans la liste  des embarcations et  de leur propriétaire, figure un grand nombre de passeurs.





Pour le marché du samedi et la Bixintxo à Hendaye, « l’alarde » du 8 septembre et la procession du Vendredi-Saint, à Fontarabie, c’est l’occasion de retrouver amis et familles pour faire la fête … et un peu de contrebande. Les membres d’une même famille d’origine espagnole, séparés par la rivière pour des raisons administratives ou politiques, se donnaient rendez-vous à Fontarabie. Venant de France, ils embarquaient à Hendaye. Ces jours-là, les bateliers étaient encore plus sollicités et des files d’attente se formaient, sur les embarcadères.  Dans les années 1870, une clientèle fortunée de Saint-Jean de Luz, Biarritz et Bayonne faisait l’aller et retour en barque, plusieurs fois par semaine pour écouter les mélodies des orchestres dans les jardins de Fontarabie.




Le passeur aide les voyageurs à monter dans son embarcation. Ils occupent, d’abord, les bancs situés à la poupe, ensuite les latéraux et ceux de la proue. Il invite tous les indécis à grimper à bord. Souvent, l’eau arrive à la partie supérieure de l’embarcation.







Après la deuxième guerre mondiale, la vie économique tournait au ralenti, tant en France qu’en Espagne, après la guerre civile : des denrées manquaient de chaque côté de la Bidassoa. Des passeurs espagnols venaient jusqu’à Hendaye, le battela chargé de bouteilles de vin, principalement, qui étaient échangées contre des miches de pain, la plupart du temps.



    Des élèves de Fontarabie suivaient une scolarité dans les écoles hendayaises. Par tous les temps, ils étaient transportés par les passeurs.

  







Au début des années 1960, le nombre des bateliers a considérablement diminué. Du côté français, Paolo Errazquin et Jean Suertegaray assuraient, encore, la liaison internationale. Les efforts physiques devaient être de plus en plus pesants chez ces deux Hendayais, atteints par la limite d’âge mais, quelles que soient les conditions météorologiques, ils continuaient, avenants, à exercer leur métier. Depuis Fontarabie, deux frères, Teodoro et Juanito Araneta, transportaient les passagers jusqu’à Hendaye. Quand les usagers du  passage étaient nombreux, ils n’hésitaient pas à affréter une deuxième barque qu’ils accrochaient à la leur et on les voyait accoster, au débarcadère, avec deux embarcations remplies à ras bord. Souvent, en retournant à leur port d’attache, ils invitaient des jeunes du quartier du Port qu’ils ramenaient, ensuite, à Hendaye lors de la traversée suivante. Ces riverains peuvent témoigner du régime que les deux frères suivaient pour garder la forme, dans la journée : pain, pommes et clarete !




Source : Tito Humbert  www.oroitza-histoire-d-hendaye.fr

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